En quittant the Valley of the Gods, Baby Boy descend l’espace de quelques minutes pour parcourir le tableau d’informations installé par l’agence de gestion des Parcs. Il sort pieds nus. C’est une sacrée logistique de mettre et d’enlever nos chaussures tous les quarts d’heure tant il y a de belles choses à voir autour de nous et à prendre en photo. Alors, on opte pour la simplicité.
Je reste à l’intérieur du camping-car à passer en revue les innombrables photos du site que nous venons de quitter pour continuer à m’en imprégner. La musique de la playlist continue à jouer. Johnny Cash a terminé de chanter le blues de la prison de Folsom et laisse place au rythme ENTRAÎNANT de Johnny B. Goode.
Un pick-up s’arrête juste devant nous. Son conducteur lance à Baby Boy “Barefoot is the way to go”.
Baby Boy acquiesce et se lance dans l’explication de la nudité de ses pieds. Le monsieur a la bonhomie rassurante s’approche de Baby Boy pour lui serrer la main. N’osant pas refuser, Baby Boy se passera les mains au gel hydro alcoolique plus tard, plus par acquit de conscience que par réelle peur.
Je les laisse discuter et les écoute depuis les fenêtres ouvertes du camping-car. Johnny est en short, sandales et t-shirt de sport. Il porte un chapeau de randonnée et une paire de lunettes de soleil. Son bouc poivre et sel s’agite à chacune de ses paroles et Johnny est bavard.
Bientôt, il nous ouvre le coffre de son pick-up et dévoile des caissons de pierres, de perles, de fils et de fermoirs.
« Je suis sur les routes depuis que tout ça a commencé ». On apprend alors que Johnny est chef dans un restaurant de Salt Lake City et que comme tous ses collègues, il a dû pointer au chômage dès le mois de mars, le restaurant ne devant ouvrir à nouveau qu’en septembre. « Je me suis dit que le mieux à faire était de prendre la route et de découvrir de nouvelles choses ». Johnny va donc au gré de ses rencontres dans les lieux que lui recommandent ses éphémères amis. Nous lui recommandons Petrified Forest. Il est aussi amateur de terrains de golf. Hélas, n’étant pas amateurs nous-mêmes, nous ne lui sommes d’aucun secours.
« J’élève seul ma fille. Là, elle est temporairement chez sa maman en Arizona”. Pour s’occuper et parce qu’il ne semble pas de type oisif, Johnny a débuté la bijouterie en amateur, d’où les caissons de fournitures.
« Je crois au pouvoir des pierres et des cristaux». Johnny entreprend de nous instruire sur les propriétés de toutes ses roches. Poussée hors du camion par la curiosité, j’écoute.
Il trouve les pierres au fil de ses pérégrinations et souligne son admiration pour les Premières Nations. « Ils respectent la Terre, on peut à peine survivre là où ils prospéraient ».
« Je veux répandre l’amour et la paix. Dieu sait que le monde en a besoin en ce moment». La manière que Johnny a trouvée pour répandre l’amour est de fabriquer des bijoux et de les offrir. Il laisse donc Demi-Portion faire son choix et cette dernière jette son dévolu sur un collier de perles de lapis azuli et de lave.
Johnny semble sincèrement ému d’avoir fait une heureuse et d’avoir créé une chaîne invisible entre des êtres humains. Nous sommes désormais lies d’une certaine manière.
« J’aime vous voir pieds nus. C’est la liberté. Ma prochaine étape? Je ne sais pas. Je vais là où la route me mène.” Johnny est-il la version moderne des voyageurs que côtoyaient Jack Kerouac et Neal Cassidy?
Bravo nous pouvons suivre votre voyage
Je souris en imaginant ma petite choute heureuse de ce joli cadeau… j’aime beaucoup la note joyeuse et heureuse de cette chronique.. ca me fait du bien … pile poil ce dont on a besoin en ce moment ! Merci!